Shilajit et testostérone : ce que montrent réellement les essais cliniques
Si vous vous intéressez au shilajit, vous avez forcément croisé la promesse d’un effet sur la testostérone. Les vidéos qui l’affirment se comptent par milliers, et les nuances y sont rares. La question mérite pourtant une réponse précise, car il existe sur ce sujet quelques essais cliniques sérieux, publiés dans des revues à comité de lecture. Voici ce qu’ils ont mesuré, sur qui, à quelle dose, et ce qu’ils ne permettent pas de conclure.
Pourquoi cette hormone concentre autant d’attention
La testostérone joue chez l’homme un rôle central dans la masse musculaire, la densité osseuse, la libido, l’énergie et l’humeur. Ses taux culminent vers 20 ans, puis diminuent lentement à partir de la trentaine, d’environ un pour cent par an en moyenne. Le sommeil, la masse grasse, l’activité physique et le stress pèsent lourdement sur cette courbe, bien plus qu’aucun complément. C’est dans ce cadre, en accompagnement et non en substitut, que les recherches sur le shilajit prennent leur sens.
L’essai de référence : 96 hommes, 90 jours
L’étude la plus citée est celle de Pandit et de ses collègues, publiée en 2016 dans la revue Andrologia. Elle a suivi 96 hommes en bonne santé, âgés de 45 à 55 ans, répartis au hasard entre un groupe recevant 250 milligrammes de shilajit purifié deux fois par jour et un groupe placebo, en double aveugle, pendant 90 jours.
À l’issue de la période, le groupe supplémenté présentait une augmentation significative de la testostérone totale et de la testostérone libre par rapport au placebo, ainsi qu’une hausse de la DHEA-S, une hormone précurseur produite par les glandes surrénales. Les autres paramètres hormonaux mesurés, dont la LH et la FSH, sont restés stables, ce qui suggère que l’effet ne passe pas par une stimulation hypophysaire mais s’exerce plus en aval. Aucun effet indésirable notable n’a été relevé.
Ce qu’une étude sur la fertilité avait déjà observé
Six ans plus tôt, en 2010, la même équipe indienne avait publié dans Andrologia un travail sur des hommes présentant une oligospermie, c’est-à-dire un nombre de spermatozoïdes insuffisant. Après 90 jours de shilajit purifié à 100 milligrammes deux fois par jour, les chercheurs ont mesuré une augmentation du nombre total de spermatozoïdes de l’ordre de 60 pour cent, une amélioration de leur mobilité, et une hausse de la testostérone sérique d’environ 23 pour cent. Ils ont également noté une baisse du malondialdéhyde, un marqueur du stress oxydatif, ce qui a orienté les hypothèses sur le mécanisme d’action.
Comment le shilajit agirait
Le shilajit est le produit de la décomposition, sur des siècles, de matières végétales piégées dans la roche. Un extrait purifié contient une forte proportion d’acide fulvique, souvent plus de la moitié de son poids, ainsi que des dibenzo-alpha-pyrones, des molécules qui interviennent dans la chaîne de transport des électrons au sein des mitochondries. Chez l’animal, une étude de 2012 a montré que le shilajit augmentait les taux tissulaires de coenzyme Q10 et réduisait les marqueurs de fatigue.
Le mécanisme précis sur la testostérone n’est pas établi avec certitude. L’hypothèse la plus discutée relie l’effet antioxydant du shilajit à une meilleure préservation des cellules de Leydig, qui produisent la testostérone dans les testicules et sont particulièrement sensibles au stress oxydatif. La baisse du malondialdéhyde observée dans l’étude de 2010 va dans ce sens, sans le prouver.
Ce que ces résultats ne disent pas
Il faut lire ces essais pour ce qu’ils sont. Ils portent sur des hommes de 45 à 55 ans ou présentant un trouble de la fertilité, pas sur des hommes de 25 ans en pleine santé, chez qui aucun essai comparable n’a été mené. Les hausses mesurées sont réelles mais modérées, sans rapport avec ce qu’obtient un traitement hormonal. Et les effectifs restent limités, une trentaine à une centaine de participants, ce qui appelle des travaux de confirmation à plus grande échelle. Un homme qui soupçonne un déficit hormonal a besoin d’un dosage sanguin et d’un avis médical, pas d’une résine.
Et pour ceux qui s’entraînent
Un essai américain publié en 2019 dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition apporte un éclairage complémentaire. Chez 63 hommes actifs supplémentés pendant huit semaines à 500 milligrammes par jour, le shilajit a permis de conserver une part significativement plus élevée de la force maximale après un protocole de fatigue musculaire, et a réduit un marqueur de dégradation du collagène. L’étude ne mesurait pas la testostérone, mais elle rejoint le tableau d’ensemble : un produit qui semble soutenir la résistance à l’effort et la récupération. Ces travaux ont tous été conduits avec des extraits purifiés et titrés, ce que vous retrouvez dans la résine pure de Nutrition•pro, récoltée à plus de 5 100 mètres d’altitude, purifiée et analysée par lot, également proposée sous la forme Primavie®, l’extrait standardisé utilisé dans la majorité des études.
Dose, forme et précautions
Les essais cliniques utilisent 200 à 500 milligrammes d’extrait purifié par jour, en une ou deux prises, sur 8 à 12 semaines. Pour la résine, cela correspond à une quantité de la taille d’un grain de riz, à dissoudre dans une boisson chaude, de préférence le matin. Les effets mesurés dans les études apparaissent après plusieurs semaines de prise régulière.
La qualité du produit est le point sur lequel vous devez être le plus vigilant. Un shilajit brut, non traité, peut contenir des métaux lourds à des niveaux problématiques : les dangers du shilajit sont notamment documentés par plusieurs analyses de produits vendus en ligne. Exigez une purification, un certificat d’analyse des métaux lourds et une teneur en acide fulvique indiquée.
Côté contre-indications, le shilajit est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement. Sa richesse en fer impose la prudence en cas d’hémochromatose, et des élévations de l’acide urique ayant été rapportées, les personnes sujettes à la goutte demanderont un avis médical. Si vous suivez un traitement, en particulier hormonal ou anticoagulant, parlez-en à votre médecin avant de commencer.
Le shilajit n’est ni le booster hormonal que vendent certaines vidéos, ni une simple curiosité ayurvédique. Trois essais cliniques convergents, sur des populations précises, ont mesuré des effets modérés et reproductibles. C’est déjà plus que ce que peuvent revendiquer la plupart des compléments vendus sur cette promesse.